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Le marché florissant du BNPL a connu des revers ces derniers mois. Pourtant, le financement intégré pourrait-il constituer une solution pour les prêteurs souhaitant éviter des litiges retentissants comme celui qui a opposé Amazon à Visa ?

En novembre dernier, le site britannique d’Amazon a informé ses clients qu’il n’accepterait plus les paiements par carte Visa émise au Royaume-Uni. Cette décision faisait suite à un différend avec la société de services financiers concernant les frais élevés appliqués au traitement des transactions. L’annonce a provoqué une onde de choc sur les marchés, et la chute de 4,7 % du cours de l’action Visa a entraîné une perte de 22 milliards de dollars.

Le conflit d’Amazon avec Visa

Ce n’était pas la première fois que le géant du e-commerce provoquait des perturbations. En août 2021, les clients de Singapour ont été informés qu’Amazon appliquerait une surtaxe de 0,5 % sur toutes les commandes réglées par carte Visa. Un mois plus tard, une annonce similaire a été faite en Australie, mais ces deux mesures ont finalement été abandonnées.

Au Royaume-Uni, plus de 50 % des paiements sont effectués par carte bancaire, Visa détenant 82 % de parts de marché. Cette mesure aurait affecté des millions de consommateurs utilisant une carte Visa pour leurs achats. Par ailleurs, certaines des plus grandes banques britanniques, comme HSBC, proposent Visa sur leurs cartes de crédit. En revanche, Barclaycard, le principal émetteur de cartes de crédit du Royaume-Uni, utilise exclusivement le réseau Visa.

On a suggéré que le Brexit était à l’origine de cette manœuvre. Après le Brexit, le plafonnement des commissions d’interchange au niveau de l’UE, qui s’appliquait au Royaume-Uni, n’était plus en vigueur. Cela a permis aux réseaux de cartes bancaires d’augmenter leurs tarifs.

Les commissions d’interchange varient d’un pays à l’autre. L’UE s’efforce de plus en plus de réglementer ces commissions, dans l’espoir d’instaurer l’égalité entre ses États membres et de renforcer la concurrence sur le marché unique européen des cartes bancaires. Elle a instauré un plafond de 0,3 % pour les cartes de crédit en 2015, plafond qui a été modifié en 2019 pour inclure les transactions en ligne ou par téléphone, à hauteur de 1,15 % et 1,5 % respectivement.

Du fait du caractère transfrontalier des transactions entre l’UE et le Royaume-Uni, les transactions d’Amazon étant traitées dans l’UE, Amazon aurait été redevable de la commission d’interchange de 1,15 % sur un achat en ligne.

Visa riposte à Amazon

Amazon a déclaré que ces frais l’empêchaient de proposer les meilleurs prix à ses clients. De son côté, Visa a accusé Amazon de réduire les options de paiement offertes aux consommateurs.

Ce n’est pas la première fois qu’un grand distributeur s’attaque aux prestataires de paiement établis. Pourtant, Amazon exerçait depuis un certain temps des pressions sur Visa pour obtenir une baisse de ses frais.

Ce différend témoigne de la frustration croissante des détaillants face aux coûts associés aux grands réseaux de cartes bancaires. Il pourrait révéler au secteur des cartes de crédit que les grandes enseignes ont le pouvoir et le potentiel de bouleverser profondément le secteur bancaire.

Heureusement, le différend entre Amazon et Visa semble désormais réglé. Les deux entreprises sont parvenues à un accord après des semaines de négociations pour reporter l’interdiction faite aux utilisateurs britanniques.

Il convient également de noter que l’Autorité de régulation des systèmes de paiement a lancé une étude l’an dernier. Celle-ci a révélé que les commissions d’interchange avaient considérablement augmenté depuis la levée du plafond européen. L’Autorité examine actuellement s’il convient de prendre des mesures à ce sujet.

Amazon va-t-il se lancer sur le marché des paiements ?

Bien qu’Amazon et Visa semblent avoir enterré la hache de guerre, pour l’instant, est-ce un signe annonciateur ? Amazon est-elle en train de construire sa propre banque de nouvelle génération ?

On s’attendait à ce que les startups fintech soient les plus susceptibles de bouleverser le marché. Pourtant, de grandes entreprises technologiques comme Amazon s’orientent elles aussi vers le secteur des services financiers.

Amazon possède une vaste clientèle, une expertise numérique reconnue et un savoir-faire exceptionnel en matière d’expérience client, sans oublier des services comme Amazon Cash et Amazon Pay. En plus de proposer des prêts de fonds de roulement aux PME et sa propre carte de crédit co-marquée, Amazon semble réunir tous les atouts pour réussir dans le secteur bancaire.

On spécule depuis des années sur la possibilité qu’Amazon propose un compte courant. En remplaçant leur carte de crédit par un compte bancaire Amazon, les clients pourraient ainsi éviter des millions de dollars de frais auprès des sociétés de crédit.

Vos cartes de crédit ont-elles atteint leur date d’expiration ?

Roger De’Ath, responsable du commerce électronique chez TrueLayer, estime que la technologie offre une opportunité. Celle-ci pourrait proposer aux détaillants des solutions leur permettant de s’affranchir de l’emprise des réseaux de cartes bancaires et des coûts cachés et des structures de paiement complexes qu’ils imposent.

Les attentes des consommateurs évoluent au rythme des nouvelles technologies et de leur familiarisation avec la simplicité et la praticité des paiements en ligne. Les banques et les sociétés de cartes de crédit devront peut-être se réorienter et accélérer leur développement pour rester compétitives. Faute de quoi, elles risquent d’être distancées par des acteurs innovants comme Amazon, Facebook et Google, et de perdre ainsi l’accès au marché.

Visa, Mastercard et American Express, entre autres, doivent déjà faire face à la concurrence de nouveaux acteurs comme Affirm, Afterpay, Klarna et Sezzle, qui proposent des services d’achat immédiat et de paiement différé (BNPL). Klarna, en particulier, a connu jusqu’à récemment une croissance impressionnante, sa clientèle passant de 7 millions à 16 millions de clients depuis début 2020.

Bien sûr, nous avons récemment constaté la chute de la valorisation de Klarna suite à une vague de licenciements décidée en prévision d’une récession. Cependant, ces difficultés étaient entièrement liées à une crise financière imminente et n’avaient que peu de rapport avec le potentiel du marché du BNPL (Buy Now, Pay Later).

Les plateformes de paiement fractionné (BNPL) continuent de grignoter des parts de marché aux sociétés de cartes de crédit. Selon une étude de GlobalData, 47 % des moins de 35 ans ne possèdent pas de carte de crédit. Les jeunes se tournent de plus en plus vers les solutions BNPL, qui constituent une première approche du crédit pour les jeunes consommateurs. Est-ce le signe que les établissements de crédit doivent proposer le BNPL pour rester compétitifs auprès des commerçants ?

Les avantages du BNPL

Les services BNPL (Buy Now, Pay Later) proposent des achats sans intérêt, des vérifications de solvabilité moins strictes et sont souvent gérables via des applications. Ils sont ainsi plus accessibles et pratiques qu’une demande de carte de crédit, séduisant les jeunes générations, plus à l’aise avec les technologies. Le BNPL a transformé les attentes des consommateurs en matière d’emprunt et élargi le rôle des organismes de crédit dans le parcours d’achat.

En définitive, pour maintenir une croissance rentable, les sociétés de cartes de crédit devront peut-être repenser leurs produits, leur modèle économique et leur proposition de valeur. Faute de quoi, elles risquent d’être évincées non seulement par les nouveaux acteurs de la fintech, mais aussi par les grandes enseignes prêtes à user de leur influence. Repenser les produits pour répondre aux besoins actuels des consommateurs et séduire les jeunes grâce à des solutions personnalisées devrait être une priorité absolue pour le secteur.

Les trois R du BNPL pourraient bien séduire Amazon.

En effet, les établissements de crédit établis sont dotés de « trois R » :

  1. Réputation
  2. Réglementation
  3. récession

Les établissements de crédit établis bénéficient d’une solide réputation sur le marché, de relations privilégiées avec les autorités de régulation qui surveillent de près le BNPL (Buy Now, Pay Later), et des ressources nécessaires pour traverser la récession à venir. Ces établissements, en proposant des solutions BNPL, pourraient dominer le marché et offrir une valeur ajoutée aux géants du e-commerce comme Amazon.

Pour ce faire, il faut toutefois disposer de la technologie adéquate, et la transformation numérique est, bien entendu, loin d’être simple. C’est là qu’intervient la plateforme FintechOS.

Pour en savoir plus sur la façon dont FintechOS peut transformer n’importe quelle banque en fournisseur de BNPL numérique, consultez notre page dédiée aux solutions BNPL.

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